• Chapitre 5

    Chapitre 5: Encore un opposant

    Après avoir fait une mauvaise rencontre, Laurent m'a amenée chez lui. J'y ai passé le mercredi matin avant de rentrer chez moi et de recevoir une lettre de menaces...

     

     

         Je me sens mal. Je n'ai pas envie de me lever. Non, je préfère rester là, à dormir. Je suis tellement fatiguée. A ce moment précis, je sens une chose toute douce qui se frotte à mon visage. Je décide d'ouvrir les yeux pour contempler la beauté de Lightning. Elle s'installe à côté de moi. Je la caresse et elle se met à ronronner. Elle est vraiment mignonne. Après l'avoir caressée une bonne demi-heure, je me lève et regarde l'heure : seize heures et des poussières. Il me reste entre deux et trois heures pour aller chez Fabien. Je n'ai pas envie. Mais je n'ai encore moins envie de causer plus de problèmes à Laurent. Je vais dans la cuisine, ouvre un tiroir et j'en sors un couteau que j’aiguise. Dès que j'ai finis, j'attends en réfléchissant. Je dois avouer que j'ai peur. Je ne sais pas ce qui m’attend. Vais-je me faire violer ? Ou alors vont-ils me torturer, me droguer ? Je dois me défendre en cas extrême. Après tout, j'ai fait une promesse à Laurent. Et puis, il y a Émilie, Mathis, Lightning et tous les autres. Et il y a aussi mes souvenirs. Des souvenirs qui disparaîtront si je meurs.

         Il est dix-huit heures et quart. Je me lève du canapé. Je prends un sac dans lequel je mets mon portable, une bouteille d'eau, mes clefs et un couteau. Je prends un second couteau que je mets dans la poche interne de ma veste, de façon à ce que je puisse l'attraper facilement et très rapidement. J'enfile mes chaussures et je sors après avoir caressé Lightning. Je ferme la porte à clef. Je commence à partir puis je m'arrête. Peut-être devrais-je appeler la police ? Ils pourraient les arrêter. Mais si Fabien a prévenu des amis à lui, ils s'en prendront forcément à quelqu'un que j'aime. Je marche lentement. J'ai vraiment peur. J'arrive devant le parc que je traverse. Soudainement, je sens mon sac vibrer. Je sursaute. Mathis m'appelle. Je raccroche. Je l'appellerai plus tard, si possible. J'arrive finalement dans la rue étroite que je j'ai prise hier. Je sens mon cœur battre de plus belle. Je tremble aussi. J'inspire un bon coup et me motive. J'aggrave mon regard au maximum. Je suis déterminée. Je vais tout faire pour éviter un malheur de plus. J'arrive devant les escaliers. La porte est entrouverte. Je monte le plus silencieusement possible. Je passe le palier de la porte le plus discrètement possible. La maison est entièrement plongée dans le noir. Il n'y a aucune lumière, les volets sont clos, donc la lumière de dehors ne peut pas entrer. Le silence règne. Je rejoins le salon. Dès que j'arrive, la lumière s'allume. Je ne sursaute pas. Je regarde droit dans les yeux Fabien qui sourit.
    « - C'est bien, je vois que tu es raisonnable.
    -Que me veux-tu ? » Il soutient mon regard. Je l'observe. Il a une blessure grave au niveau du visage.
    « - T'as vu ce que ton copain m'a fait ? Ça fait mal !
    - Tu es une femmelette, c'est ça ? » Il s'énerve. « Seule la vérité blesse.
    - Haha... Approche. » Je ne bouge pas. Il se répète. J'avance d'un pas. Il me fait signe d'avancer jusqu'à lui. Finalement j'arrive en face de lui. Il rigole. Moi non, je reste impassible devant son rire qui me fait de la peine. Il pose sa main, gauche sur ma joue. Par réflexe, je l'enlève brusquement.
    « - Tu veux jouer à ça ? » Il m'attrape les cheveux et me fait tomber parterre. Je crie.
    « - Tu vas rester calme, petite !» J'ouvre les yeux et me lève en lui retirant sa main. Je prends une grande inspiration et le frappe au visage de toutes les forces de mon corps regroupées dans un poing. Il recule et tombe à son tour parterre.
    « - D'un, je ne suis pas petite. Et de deux, je n'ai pas peur de toi. » Il lève son regard jusqu'à moi, toujours souriant. Il se relève, essuie le sang qui coule de sa bouche et se jette sur moi. Nous chutons tous les deux sauf que je me cogne la tête contre le sol.
    « - Ah! » Crié-je. Il approche sa=on visage du mien. Son regard a changé, tout comme sa façon de sourire. Il me regarde droit dans les yeux. Je cache ma panique. Il caresse mon visage avec une main et l'autre il la pose sur mon cou.
    « - Tu as un beau visage, des traits fins et un regard profond, tu sais ? » Je ne dis rien. Il commence à serrer son étreinte au niveau de mon cou. Je bouge délicatement ma main gauche pour attraper le couteau qui se trouve dans mon sac sans qu'il s'en aperçoive. Je pose ma main dessus et le retire du sac. Il serre de plus en plus mon cou en approchant sa bouche de la mienne. Alors je lui donne un coup de tête.
    « - Hé ! J'y crois pas ! Tu as un sacré caractère toi dis-donc ! » Il fait une pose comme s'il réfléchissait puis reprend : « J'aime beaucoup. » Il me donne un violent coup de poing sur le visage. Je crache du sang. Son coup était vraiment fort. Il retire sa main de mon cou et pose ses deux mains sur mes poignets pour m'empêcher de bouger. Par chance, il ne remarque pas le couteau. Il m'embrasse. Je m'étonne de son geste. Puis il me mord la lèvre inférieure. J'essaye de lever les bras mais il a une plus grande force que moi et il m'empêche de me défendre. Il écarte un peu son visage. J'en profite pour lui cracher sur le visage. Il s'énerve. Il met ses mains sur ma tête qu'il cogne brusquement contre le sol à plusieurs reprises. Je n'ai pas le temps de crier. La douleur est insupportable. Au bout de quatre coups, il arrête. J'ai vraiment mal. Ma tête tourne à cause de la douleur. Je lâche le couteau. Il entend le bruit et le remarque enfin.
    « - Tu comptais faire quoi avec ce couteau, hein ? » Il est vraiment en colère. Il le prend et le pose délicatement sur mon cou.
    « - Hum ? Tu comptais me trancher la gorge ? » Il le met ensuite sur ma poitrine.
    « - Ou me transpercer le cœur ? » Il le met sur mon estomac.
    « - Ou encore m'ouvrir le ventre ? » Comme je ne réponds rien, il enchaîne :
    « - Tu ne veux pas répondre n'est-ce pas ? Dans ce cas-là je vais me faire un plaisir d'essayer les trois sur toi. » J'écarquille les yeux et retiens mon souffle.
    « - Ça y est, tu commences à prendre conscience du danger que tu cours ici ? » Il frotte le couteau sur ma joue droite du côté qui ne tranche pas. Après quelques montées et descendes sur toute la joue, il tourne le couteau. Il pose la pointe sur ma joue et commence à me faire une entaille. Je hurle de douleur. Je sais que personne n'entendra, et encore moins que quelqu'un viendra m'aider. Ce que j'aimerais qu'il y ait quelqu'un qui arrive et qui appelle les policiers. Mais ça n'arrivera pas, je dois m'y faire. Il termine lentement son entaille qui traverse toute ma joue. Je sens le sang chaud qui s'écoule le long de ma joue et qui atteint mon cou. Il change de côté.
    « - Arrête !
    - Ah ! Maintenant, tu veux que j'arrête ? » Me demande-t-il avec un grand sourire. « Tu dois faire des choses en retour alors. » Je garde le silence.
    « - Déshabille-toi ou souffre. C’est toi qui vois.
    - Amuse-toi autant que tu veux sur mes joues, vas-y. » Dis-je impassible. Il est surpris mais il ne se retient pas. Il me fait une deuxième entaille sur ma seconde joue. Je me retiens de hurler. Mais je pleure. Je vais mourir de cette manière alors. J'aurais aimé une meilleure mort, moins douloureuse, plus rapide aussi. Je ne sens plus le couteau. Fabien se lève. Et d'un seul coup il plante le couteau dans ma jambe gauche.
    « AAAH ! » Il retire le couteau et le plante à nouveau juste à côté de la première plaie. Je crie encore. Il retire le couteau une nouvelle fois, je m'attends à un troisième coup, mais rien. Je pleure toutes les larmes de mon corps. Ça fait plus que mal mais je ne saurais décrire cette douleur.
    « - Je pense que maintenant, tu sais à qui tu as affaire. » Il part et revient avec un verre remplit. Il me relève et me fait boire. C'est de l'alcool, et très fort. Je le recrache.
    « - Ah non ! Tu avales. » Il me fait boire trois verres remplit. Je sens que ma tête est mal en point, tout comme mes blessures. Il attend quelques minutes et me fait me lever. Les plaies à la jambe plus l'alcool me font tomber. Il explose de rire et me dit que je pitoyable. Je lui réponds par une simple question :
    « - Par la faute de qui, à ton avis ? » Il s'arrête de rire. Il me relève pour me pousser et pour que je retombe. Je fais semblant d'avoir mal au ventre et attrape le second couteau. Le plus rapidement possible, je me jette sur lui mais je trébuche et rate mon coup. Il se remet à rire.
    « - Tu fais tellement peine à voir ! Haha ! Mais comme ça tu as un second couteau ? Dis-donc, tu es prévoyante ! Haha ! » Il l'arrache de mes mains et le jette sur le canapé. Ma tête tourne de plus en plus, j'essaye de me relever, mais sans résultats. Tout devient noir.

         Je me réveille avec une migraine horrible. Je suis allongée parterre. Du sang a coulé de mes blessures et se voit sur le sol et mes habits. Je vois Fabien qui s'approche de moi.
    « - Tu es enfin réveillée ! Ça fait déjà une heure que tu dors ! Tu imagines ? Une heure que je poireaute. » Je n'arrive pas à parler. Dès que je bouge un peu la bouche, mes joues me font souffrir. Comment vais-je sortir d'ici ? Je dois me résigner au fait que je vais mourir. C'est inévitable à part si un miracle se produit, mais je ne m'y attends pas.
    « - Achève-moi, ce sera plus rapide. » Je dis tout doucement. Il rigole puis vient me regarder.
    « - Pauvre petite... Je connais un moyen pour que tu souffres plus. » Il m'ouvre la bouche et me fait boire de l'eau. De l'eau mais mélangée avec de la drogue. Mais ce n'est pas grave. De toute façon je ne vais pas m'en sortir. Malgré cela, je n'avale pas. Il me tape, même s'il y a du sang. Je recrache. Il lance le verre parterre. Il part dans la cuisine. J'en profite pour me lever et m'enfuir. Enfin essayer de me lever pour m'enfuir. Je pose un pied sur le sol et je m'écroule. Fabien me regarde sans expression sur le visage. Il repart. J'essaye de ramper mais ma vue se trouble, à cause de l'alcool et à cause des larmes qui coulent. Je pose ma tête sur le sol. Tant pis. J'attends. J'attends la fin, que Fabien plante un couteau dans mon cœur et que je meure. Mais rien ne se passe. J'ai l'impression que je suis sur le sol sans bouger depuis une éternité. Je regarde le radioréveil qui affiche vingt et une heures. Fabien est assis à côté de moi, il regarde la télévision. Je décide de faire semblant d'être évanouie et je patiente. Puis je m'endors.

         Un bruit sourd me réveille brusquement. Je lève la tête en ouvrant doucement les yeux. Mathis est étalé parterre et se relève. C'est Fabien maintenant qui tombe. Laurent se jette sur lui pour le bloquer. Mathis le frappe violemment à plusieurs reprises dans le but qu'il perde connaissance. Ce qui finit par arriver. Mathis m'aide à me lever avec un air affolé. Il doit avoir peur des entailles sur mes joues. Ma jambe gauche me fait mal. Mathis m'aide à passer un bras par-dessus les épaules de Laurent dans le but de m'aider à marcher.
    « - Par devant Mathis, on te suit ! » Ordonne Laurent. Mathis part en courant. Laurent nous fait marcher et accélère le rythme petit à petit.
    « - Tiens le coup, Léa. » Je ne sais pas par quel miracle, mais Laurent et Mathis sont là. Comment ont-ils su ? Je leur demanderai une fois au calme. Nous descendons les escaliers et fuyons. De grands hommes habillés de noirs sont au bout de la rue.
    « - Demi-tour ! » Crie Mathis. Nous partons de l'autre côté de la rue. Les hommes se mettent à nous poursuivre. J'essaye de reprendre au moins mes esprits. Je coure même si je souffre au niveau de la jambe. Nous nous dirigeons vers le parc. Puisqu'il fait noir, nous pourrons peut-être nous cacher là-bas et prévenir la police si ce n'est pas déjà fait. Nous atteignons le parc. Maintenant nous nous dirigeons vers la partie sombre, là où sont situés les grands et épais arbres. Nous cous cachons dans des buissons. Quand nous étions petits Mathis et moi, et quand il venait ici, nous nous cachions à cet endroit pour embêter nos parents. Ça semble encore marcher. Les quatre hommes passent devant nous sans nous apercevoir. Nous restons un petit moment cachés.
    « - Je vais chercher de l'aide. » Chuchote Mathis.
    « - Va directement au poste, ce sera plus simple. » Lui conseille Laurent.
    « ' D'accord. Ne bougez pas. » Il part discrètement. Le silence règne. Je sens mon cœur battre très vite. Et Laurent aussi.
    « - Ne t'inquiète pas, nous allons nous en sortir. » Je pleure de soulagement.
    « - Hé...
    - Je veux rentrer...
    - Je vais te ramener chez toi ce soir même, promis. » Je lui souris même si ne voyons pas grand chose.
    « - Je suis désolé.
    - Pourquoi ? » Lui demandé-je hâtivement.
    « - Tu as beaucoup souffert. Je n'ai pas été là pour te protéger.
    - C'est gentil... Mais je ne t'ai pas prévenu pour la simple et bonne raison que je ne voulais que tu aies des problèmes... Encore... » Je l'entends soupirer. Et nous entendons tous les deux des bruits des pas. Nous retenons notre respiration. Il n'y a plus de bruit. Je comprends très bien pourquoi. Je chuchote à l'oreille de Laurent : « Cours. » Nous nous levons en même temps et courons à fond. Les quatre hommes qui nous avaient repérés se mettent à courir après nous. Je boite mais je coure le aussi vite que mon corps le permet. Et puis j'entends un bruit qui ne me rassure pas. Il est suivi d'un autre bruit que je redoutais. Je m'arrête et me tourne du côté de Laurent. Il tombe à terre et hurle de douleur. L'homme qui a tiré a visé au niveau du cœur et je crois que je suis presque soulagée qu'il ne sache pas viser et qu'il ait touché le ventre. Je le rejoins en criant son prénom. Beaucoup de sang coule, beaucoup trop même. L'homme prépare un second coup. Je me lève et fonce sur lui. Je le fais tomber à terre et le frappe. Un autre homme se jette sur moi et me frappe à son tour. J'entends Laurent gémir et la haine prend le contrôle de mon corps. Je me bats de toutes mes forces. Je mords un homme et j'en tape un autre. Enfin des lumières nous éblouissent et les policiers se jettent sur les quatre hommes et les arrêtent. J'accoure jusqu'à Laurent en pleur. Il a du mal à respirer. Un policier appelle une ambulance.
    « - Laurent ! Tiens bon ! » Il crache du sang.
    « - Léa...
    - Économise-toi ! Ne gaspille pas tes forces !
    - Écoute...
    - Non ! Chut...
    - Si... Je dois
    - Je ne t'écoute pas ! Tais-toi!
    - Mourir...
    - Non ! Tu vas tenir le coup ! Ne dis pas de bêti...
    - Léa...
    - Chut ! L'ambulance va arriver. Tiens bon... S'il te plaît... » Il ferme les yeux. Il a toujours du mal à respirer. Je pleure de chaudes larmes. Je ne veux pas le perdre. Après sept longues minutes d'attentes, l'ambulance arrive enfin. Ils portent Laurent et le posent sur le lit à l’intérieur de la voiture. Un homme me regarde et me dis de monter aussi. Je m'assieds aux côtés de Laurent. Le trajet paraît interminable. Je prends la main de Laurent avec les miennes.
    « - Tiens le coup, s'il te plaît... » Dis-je tout doucement. Il bouge la tête en signe d'acquiescement.
    Nous finissons par arriver aux urgences. Laurent est envoyé en salle de soin intensif. Deux infirmières me forcent à rejoindre le service d'accueil d'urgences pour mes petites blessures. Je les prie de me laisser rester auprès de Laurent.
    « - Nous sommes désolée, mais nous ne pouvons pas vous laisser avec lui. Il va être soigné. Tout comme vous. Suivez-nous. » Elles m'entraînent. J'intègre la salle de suture. On m'anesthésie.

         Je me réveille vers quatre heures du matin. On m'a recousu les joues et la jambe. Je me lève du lit et sors de la chambre qu'on m'a attribuée. Je me dirige vers l'accueil et demande où se trouve Laurent. La femme m'indique la chambre 39. Je suis au troisième étage. Je cours malgré le mal que me procure ma jambe gauche. J'arrive enfin à la chambre numérotée 39. J'entre doucement. Laurent dort tranquillement. Les médecins ont fait un beau travail. Je sens des larmes tomber sur mes joues. Je suis tellement soulagée de le voir dormir. Je prends une chaise et m'installe à côté du lit. J'attrape sa main gauche et souris.
    Je repense à tout ce qui est arrivé. Ça semble s'être passé si rapidement. J'espère que les policiers ont arrêté tous les malfaiteurs. Et Mathis ? Où est-il ? Va-t-il bien ? Je suis inquiète. Mais je l'appellerai plus tard. Je dois rester auprès de Laurent. Je vais attendre qu'il se réveille. J'observe la chambre dans laquelle il couche. Elle est peinte en blanc et les rideaux sont bleus. Il y a une table de chevet sur laquelle sont posé une lampe et un verre d'eau. Il y a aussi les habits de Laurent, propres, pliés sur un tabouret près de la table.

         Laurent finit par se réveiller après deux longues heures. Il ouvre les yeux. Il m'aperçoit et esquisse un sourire. Je lui souris en retour. Il ferme les yeux et se rendort. Je fais pareil.
    Vers huit heures, j'ouvre les yeux. Laurent me regarde en silence avec un sourire sur le coin des lèvres. Je m'étire et lui demande comment il va.
    « - Ça va, merci. » Me dit-il d'une voix plutôt faible. Je souris à moitié, inquiétée par cette petite voix.
    « -Ne t’inquiète pas, je vais bien. Je suis juste fatigué. Et toi ? Ils ont bien recousu tes joues, c'est super.
    - Oui, c'est vrai. » Je le regarde en souriant.
    « - Tu as bien rêvé, non ? » Je le regarde maintenant d’un air incompris.
    « - Tu parlais dans ton sommeil.
    - Ah bon ? Je ne me souviens pas de mon rêve.
    - Haha ! Tu disais... » Il s’interrompt, hésitant, ses joues s’empourprant. Puis il décide de reprendre. « Tu disais : Je suis là pour toi, pour toujours et cetera. » Je sens mes joues qui virent au rouge.
    « - Je... Je ne m'en souviens pas ! » Laurent rigole. Je ris gênée. La porte de la chambre s'ouvre brutalement. Marie apparaît, inquiète. Elle accoure jusqu'à nous. Dès qu'elle voit le visage serein de Laurent, elle se calme. Elle lui demande ce qu’il s'est passé et comment se fait-il qu'il ait été blessé par une balle. Il lui explique ce qui est arrivé hier soir et il me demande d'expliquer ce qu’il y a eut avant que Mathis et lui arrive.
    Après avoir tout raconté, Marie me prend dans ses bras.
    « - Oh, Léa ! » Je vire une nouvelle fois au rouge. Laurent rigole à moitié. Nous parlons ensuite des accidents qui sont survenus depuis la rentrée jusqu'à ce qu'un médecin entre dans la chambre et demande à me parler. En voyant Marie, il dit qu'il préfère lui parler. Ils sortent de la chambre qui devient calme d'un seul coup. Ni Laurent ni moi n'osons parler. C'est comme si chacun savait quelque chose sur l'autre qui ignore qu'il le sait. De ce fait, nous ne disons pas un seul mot. Après une vingtaine de minutes, Marie et le médecin reviennent. Ils veulent me parler. Je laisse Laurent et nous sortons de la chambre. Nous descendons jusqu'aux jardins. Là-bas, le médecin parle de ma famille.
    « - Donc tu es toute seule ?
    - Oui.
    - Plus personne ?
    - Non... » Le médecin semble réfléchir intensément. Puis il me dit que je vais devoir intégrer une famille d'accueil. J'aurais dû m'en douter, je n'allais pas vivre toute seule jusqu'à la majorité. Il s'excuse et part trouver une assistante sociale pour qu'elle à son tour trouve une famille d'accueil. Marie et moi continuons à marcher dans les jardins de l'hôpital. Elle va pour dire quelque chose mais la mère de Mathis et lui-même nous interpellent. Mathis a l'air anxieux. Quand il me voit, ou plutôt quand il voit l'état de mes joues, il baisse le regard et rougit. Sa mère demande à parler avec Marie. Elles partent s'asseoir sur un banc non loin d'où Mathis et moi restons. Nous ne disons rien. Nous marchons un peu puis la curiosité prend le dessus. Nous faisons demi-tour et marchons silencieusement pour écouter la conversation. Mais juste à ce moment, la mère de Mathis l'appelle. Nous faisons comme si nous ne voulions pas les espionner. Mathis les rejoint. Son regard me dit :
    « Tu seras toute seule... » Je souris. Je m’accroupis derrière un buisson qui est derrière le banc. Ma jambe me fait mal, mais c’est supportable.
    La mère de Mathis lui dit :
    « - Léa va rejoindre une famille d'accueil.
    - Elle ne peut pas venir chez nous ? » Demande-t-il.
    « - Ce n'est pas que ça n'est pas possible, mais ce n'est pas une bonne idée. » Lui répond Fanny, sa mère.
    « - Mais pourquoi ? Nous la connaissons depuis l'enfance.
    - Je pense que mon garçon l'aime. Je ne sais pas si c'est réciproque, mais je le pense. » Déclare Marie. Je rougis à fond.
    « - Laurent aime Léa ? » Répète Mathis sur le point de s'étouffer. J'aurais réagi pareil si j'étais en face d'elles.
    « - Je pense que oui. Je ne sais pas depuis combien de temps ils se connaissent, mais depuis un bon bout de temps maintenant, Laurent est épanoui. Quand il rentre, il a toujours le sourire aux lèvres. Et puis, il est beaucoup plus aimable qu'avant.
    - Donc vous voulez dire que Léa va aller chez vous ? » Je retiens ma respiration.
    « - Non. Ce n'est pas non plus une bonne idée. » J'expire lentement, soulagée.
    « - Pourquoi ? Si vous pensez qu'ils s'aiment...
    - Car ils sont encore jeunes. L'adolescence et l'amour ne vont pas bien ensemble. A cet âge, les ados ne savent pas encore ce qu'ils veulent. Imagine que ça ne dure qu'un mois entre eux, moi je n'imagine pas l'ambiance après dans la maison.
    - Je comprends. » Répond tout simplement Mathis. Je pars discrètement et rejoins la chambre 39. Non, Laurent ne m'aime pas. Surtout avec tous les problèmes que je lui ai apportés. Ce n'est juste pas concevable. Je commence à courir mais ma jambe m'en empêche alors je ralentis. J'arrive enfin à la chambre. J'entre. Laurent est assis sur le lit et regarde par la fenêtre. Je toque à la porte. Il se tourne et sourit timidement tout comme moi. Je m'assieds à côté de lui sur le lit. Nous sommes tous les deux gênés. Nous ne disons rien. Quand je tourne la tête pour le regarder, son regard est dirigé vers la fenêtre.
    « - Heu... Lau... » Ai-je le temps de dire avant que la porte de la chambre s'ouvre. Je me lève et Laurent et moi nous tournons pour voir qui est-ce qui est entré. Laurent se lève à son tour quand il voit le grand et imposant homme. Il semble avoir une quarantaine d'années. Il a des yeux clairs, des cheveux bruns dont quelques uns qui sont gris. Il doit mesurer un mètre quatre-vingt dix, environ. Il ne sourit pas. Il est habillé d'un costume foncé et d'une veste noire. Il entre lentement.
    « - Laurent... Je suis soulagé de te voir déjà debout. » Dit-il. C'est son père. Je regarde Laurent. Il a l'air gêné, il a la tête inclinée vers le bas. Je redirige mon regard vers son père. Il s'approche.
    « - Tu vas bien ? Ça ne te fait pas trop mal ? Je suis venu aussi vite que possible.
    - Ça va.
    - Tant mieux. Maintenant est-ce que tu peux dire à cette jeune fille d'arrêter de me dévisager s'il te plaît ? » Je rougis.
    « - Dé... Désolée... » Il ne sourit toujours pas. Il me demande de sortir pour pouvoir parler à son fils. J'obéis. Je ferme la porte et attends dans le couloir. Au départ, je n'entendais rien, mais au fur et à mesure que le temps passe, je distingue quelques mots qui proviennent de la chambre de Laurent. Puis les mots deviennent de plus en plus nombreux. Je peux maintenant entendre quelques phrases.
    « - Pardon ? Tu ne te souviens pas ce dont nous avons parlé quand tu es entré au collège ? » Son père à l'air furieux rien qu'à l'entendre. Je n'aimerais pas être Laurent en ce moment. Puis j'entends :
    « - Tu sais très bien comment ça s'est fini entre ta mère et moi ! Si tu ne veux pas que ça se passe pareil, fais bien attention à toi, Laurent ! » Je me demande de quoi il parle. « Et je le répète, je ne veux pas que tu aies de petite amie ! Fais aussi attention à ta façon de me parler ! » J'entends un bruit de chaise qui est poussée violemment. Je décide d'entrer. Il tourne son regard vers moi. On aurait pu croire qu'il allait m'assassiner. Je retiens ma respiration quelques secondes puis expire un bon coup.
    « - Écoute, toi. Je ne veux pas que tu approches mon fils. » Il laisse un temps entre chaque mot pour bien insister. « Suis-je assez clair ? » J'ai déjà la réponse à ma question. Je ne vais pas non plus attendre d'être adulte pour être avec Laurent. Je ne veux pas qu'il ait le temps d'aimer une autre fille que moi.
    « - Oui, vous êtes assez clair. » Laurent et lui me regarde étonnés.
    « - Pardon ? » Dit-il. Il n'a pas l'air de ne pas avoir compris. Je crois qu'il cherche à voir ma limite avant d'avoir peur.
    «- Vous... Vous avez très bien compris ce que j'ai voulu dire. Moi-même, j'ai très bien compris que vous ne voulez pas que j'approche Laurent. Sauf que voilà, je ne... Je ne suis pas du genre à laisser tomber. Vous pouvez m'interdire de voir Laurent, mais vous ne pouvez pas m'en empêcher. La seule limite que l'amour a, c'est celle que nous nous imposons à nous-mêmes. Et j'ai déjà ma limite. » Il laisse un temps de silence puis me répond :
    « - Ah oui ? Eh bien, à très bientôt. » Il part. Quand il passe à côté de moi, je ne bouge pas. Mais il ne fait rien. Il ferme la porte, en colère. Je me remets à respirer normalement. Il est clair que son père ne m'aime pas. Laurent me regarde stupéfait.
    « - Tu ne sais pas dans quel pétrin tu es tombée. » Finit-il par lancer. Je souris :
    « - En effet ! » Il est toujours surpris mais il sourit maintenant. Je m'assieds à côté de lui.
    « - Mon père ne veut pas me voir avec une fille.
    - Pourquoi ? Il préfère les garçons ? » Laurent explose de rire.
    « - Haha ! Non. » Il soupire et me regarde en souriant. Il me prend la main. Je rougis, encore une fois. Je me sens mieux quand je suis avec Laurent. C'est comme si j'oubliais le monde qui m'entoure, et tous les problèmes qui vont avec. C'est aussi un peu comme si j'étais avec ma famille, je me sens protégée et je suis rassurée. Je pose ma tête contre son épaule. Nous contemplons la vue que nous donne la fenêtre puis je dis :
    « - Je ne laisserai jamais personne nous empêcher d'être heureux. »


  • Commentaires

    1
    Samedi 31 Mai 2014 à 15:40

    Wouaw ... tu dois croire que je te harcèle mais j'aime tellement ton roman la suite !

    2
    Samedi 31 Mai 2014 à 15:43

    Merci beaucoup ! =D
    Non, au contraire, je te remercie vraiment ! Ca me motive de savoir que je dois écrire relativement vite pour que tu puisses lire la suite ! :)

    3
    Samedi 31 Mai 2014 à 15:50

    Ah tant mieux alors merci merci merci ! ^^

    4
    Samedi 31 Mai 2014 à 15:56


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