• Chapitre 1

     

    Chapitre 1: Ne pas confondre amour et amitié

     

     

         Comme chaque jour, je me lève. Sauf qu’aujourd’hui, le réveil a sonné à six heures et demie. Nous sommes lundi onze mars, c’est la rentrée scolaire. Je me lève et pars tout de suite à la salle de bain avant qu’elle ne soit prise. Tous les jours d’école c’est la même chose : si je ne me dépêche pas d’aller à la salle de bain, alors je devrais attendre au moins une demi-heure avant de pouvoir y aller. Ce matin, j’y vais donc en première, je crois. Je sors de ma chambre sans oublier mes affaires comme il m’est déjà arrivé. Réussi ! Je suis bien la première à la salle de bain. Je me dis qu’une minute de plus et ma mère y serait déjà. J’allume le chauffage. Avec le froid qu’il fait, il vaut mieux prendre des précautions plutôt que tomber malade. J’allume aussi la radio. Je déteste être à la salle de bain dans le silence. Je prends ma douche puis me lisse les cheveux. Après une douche, ils sont bien soyeux, mais beaucoup trop épais. De plus, j’aime bien avoir les cheveux doux, lisses et un peu plus longs, ils sont si courts à mes yeux, mais ils sont bruns, pas de mauvaises blagues pour moi. Je me regarde dans le miroir. Horrible. J’ai des cernes bien marqués et le visage pâle même après une douche brûlante. Je soupire. J’ai encore oublié quelque chose dans ma chambre. Cette fois-ci, il ne s’agit pas de mes vêtements, mais de ma trousse de maquillage. Sauf que si je sors, on va me prendre la place à la salle de bain. Cruel dilemme le jour de la rentrée. Je décide tout de même de tenter le coup. J’ouvre la porte et sors ma tête pour voir s’il y a quelqu’un à l’horizon. Personne. Je sors à la vitesse de la lumière et rejoins ma chambre. Je me dépêche de prendre ma trousse de maquillage et ressors aussi vite que je suis entrée. Je cours jusqu’à la salle de bain. Toujours personne. La chance me sourit aujourd’hui. J’entre dans la salle de bain. Il est déjà sept heures, je ne dois pas perdre de temps si je ne veux pas rater mon bus. Pas le jour de la rentrée, non merci. Je prends mon fond de teint et l’applique sur mon visage. Au moins, j’aurais repris des couleurs grâce à ça. Un dernier coup de brosse à cheveux avant de sortir et je quitte la salle de bain. Ma mère était derrière la porte et a eu peur quand je l’ai ouverte. J’adore quand elle sursaute, je trouve ça vraiment hilarant. Je vais dans ma chambre poser ma trousse et je descends prendre mon petit-déjeuner. Ma grande-sœur est déjà partie depuis six heures vu qu’elle travaille, donc la table est déjà installée. Je sors du thé, une clémentine et une tranche de pain. Je déjeune à la va-vite et implore ma mère, comme toujours, de me laisser entrer dans la salle de bain pour me laver les dents. Après ça, je prends mon sac, mes clefs et ma carte de bus avant de rejoindre l’arrêt du bus. Voilà ce qui se passe tous les matins quand il y a cours. L’arrêt du bus, je ne prends pas celui qui est le plus proche de ma maison, mais un qui est assez éloigné car c’est un deuxième bus qui passe et dans ce dernier, il y a vraiment peu de monde. J’ai horreur du bruit, alors je prends celui-ci. Qui plus est, il arrive deux minutes avant l’ouverture du portail. C’est ce qu’on appelle faire d’une pierre deux coups.

         Dans le bus, je prends mon appareil de musique et j’écoute de la musique pour faire passer les vingt-minutes de trajet. J’écoute principalement du jazz. Ça me permet de me détendre avant d’aller en cours, avec le stresse des contrôles. Le bus enfin arrivé à destination, je descends et vais attendre devant le portail du collège. Aujourd’hui, le surveillant était en avance d’une minute, il a ouvert le portail à sept heures trente neuf. J’entre et me dirige directement vers les casiers. Je ne sais pas ce que nous veulent les professeurs, s’ils veulent nous muscler le dos ou alors nous faire souffrir, mais les cartables sont vraiment lourds. Je dépose dans mon casier les affaires de l’après-midi. Je ferme mon casier et vois arriver ma meilleure amie. Ça faisait déjà deux semaines que nous ne nous étions pas vues. Elle m’avait vraiment manquée. Elle me rejoint.
    « - Émilie ! Coucou ! » Dis-je en souriant de toutes mes dents. Elle me regarde en souriant et me répond :
    « - Coucou Léa ! Comment ça va ? Les vacances, c’était bien ?
    - Ça va, merci. Et bien, elles étaient longues mais bon ! Et toi ?
    -J’ai finalement eu mon stage de chorale. C’était génial ! » Elle me fixe quelques secondes avant de demander :
    « - Et le concert, avec Johanna et Éric ? » C’est à mon tour de la fixer. Je soupire et lui dis :
    « - C’était une bonne soirée. Le groupe était vraiment doué !
    - Et... il ne s’est rien passé ?
    - Il m’a offert un collier du groupe. Mais tu sais, j’ai décidé de renoncer à mes sentiments pour lui. » Elle ouvre grand la bouche et ses yeux s’écarquillent. Comme ça, on dirait un personnage de bande-dessinée. Elle me de-mande pourquoi. Je lui explique donc que j’ai suffisamment souffert, que j’ai décidé de ne plus l’aimer mais pas pour autant de ne plus être son amie. Éric est un garçon charmant et surtout, il est mon ami. Elle me regarde stupéfaite mais pose une main sur mon épaule droite :
    «- Je comprends, Léa. » Elle l’avait dit sur un air si étrange que nous éclatons de rire. Rien à dire, je l’aime cette Émilie. A ce même moment, Laurent, un ami proche, grand, brun aux yeux marron clair passe et s’arrête en nous voyant. Nous nous saluons et la sonnerie retentit. Il part en cours mais je garde le sourire et accompagne Émilie en classe de musique avant de rejoindre ma classe en histoire-géographie.

         Le professeur, Mme Lagrange, nous demande comment se sont passées nos vacances avant de démarrer le cours. En ce moment, nous travaillons sur le commerce dans le monde. Je dois dire que ça n’est pas quelque chose qui me passionne vraiment. Le cours enfin terminé, je pars en classe de Français. C’est déjà une matière que je préfère. J’entre dans la salle et ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire. La salle est chauffée. C’est le bonheur ! Je vais retrouver ma place près du chauffage et sors mes affaires de Français. Le professeur fait l’appel et commence le cours tout de suite après. Nous travaillons sur les figures de style... Il y en a tellement ! Mais comme j’aime cette matière, le cours passe vite. Ça sonne. Je vais à la cours de récréation en moins de deux. Je retrouve Émilie et nous commençons à parler de tout et de rien. Puis, pendant un silence, je souris.
    « - Qu’est-ce qu’il y a ? » Je la regarde en penchant la tête et lui demande :
    « - Quoi ?
    - Pourquoi tu souris tout à coup ? » Je l’observe. Il est vrai que j’ai souris. Pourquoi ?
    « - Je ne sais pas. » Lui répondis-je. Elle me regarde et rigole. Et nous recommençons à rire ensemble. Ça m’avait tant manqué.
    La récréation finie, je pars en cours de mathématiques. Je croise Laurent et nous nous sourions.
    Le professeur arrive et nous partons. Cette fois-ci, le sujet traite sur le théorème de Thalès. C’est vraiment simple. A la fin du cours, le professeur nous dit que nous aurons un contrôle dans trois jours. La classe entière crie « Youpi... ».

         Je rejoins Émilie au casier. Elle a encore une heure de cours avant d’aller manger. Je pose mon cartable et ferme mon casier avant d’aller retrouver Corentin, Mathis et Clément, des amis qui sont dans la même classe que moi. J’arrive en même temps que Laurent. J’avais oublié que nous mangeons à la même heure le lundi comme le mardi et le jeudi. Je salue les garçons et entre dans leur conversation. C’est très différent qu’avec Émilie. Eux, ils parlent beaucoup plus de jeux vidéo, mais discuter avec eux reste agréable. Notre classe est appelée pour passer au réfectoire, donc nous nous y rendons. Batiste, un surveillant, nous fais rentrer. Laurent passe juste après notre classe. Nous entrons dans le réfectoire et l’odeur nous envahit. J’ai horreur de la sentir. Ça sent tellement mauvais. Je sors mon badge pour avoir un plateau et le passe dans le petit appareil noir. Je prends le plateau et prends mes couverts. L’entrée : Salade au saumon et aux pousses de bambous, carottes râpées ou entrée trop grasse et mauvaise. Le choix est vite fait. Je prends une salade. En dessert, une orange me suffit. Quant au plat principal, il est au choix aussi. Aujourd’hui, il y a soit des pâtes beaucoup trop huilées ou des patates cramées. C’est un choix vraiment difficile. La dame qui s’occupe de servir part chercher un nouveau plat avec des pâtes, j’en profite donc pour me défiler à la va vite sans prendre de plat. Mais je prends un bout de pain. Puis je prends mon plateau et pars m’asseoir à une table. Les garçons me rejoignent. Il y a une chose que je me suis toujours demandée : comment peuvent-ils manger autant et en redemander à la fin du service ? Ça me laisse toujours perplexe. Eux par-contre, ils me demandent toujours comment je fais pour manger aussi peu. Et je leur réponds à chaque fois que ce que je mange me suffit. Nous commençons à manger et Laurent nous rejoint. Corentin commence à parler du basket. Il est dans la même équipe que Laurent. Il nous dit tous leurs exploits depuis ces trois dernières années, depuis qu’ils sont dans la même équipe. Puis Clément parle de ses compétitions de natation. Il en pratique depuis huit ans déjà ! Et il a même participé aux championnats de France. Malheureusement, il stressait tellement qu’en partant de chez lui, il a raté une marche et s’est blessé à la jambe donc pendant les championnats, il avait mal et ça lui a fait un handicap. Après avoir raconté cette anecdote, Laurent me regarde et me demande :
    « - Et toi, Léa ? Tu fais du sport ? » Je rougis et acquiesce de la tête.
    « - Je fais de la danse.
    - Quel genre ? » Je rougis encore plus.
    « - C’est un mélange. Nous faisons plusieurs styles : rock, jazz, du monde et tendance...
    - Tout ça ? » Les quatre garçons me regardent d’un air béat.
    « _ Heu... oui.
    - Ça fait beaucoup ! Tu dois bien savoir danser du coup non ? » Me demande Corentin.
    « - Heu... ça peut aller.
    - Tu es modeste, c’est pour ça que tu n’oses pas le dire. » Dit Laurent en souriant. J’acquiesce encore une fois de la tête. Après le sport, nous parlons des cours. Sujet très intéressant. A part pour apprendre qu’ils ne sont absolument pas sérieux en cours, chose que je savais déjà d’ailleurs. Puis la sonnerie retentit une première fois. Nous débarrassons et partons chercher nos sacs. En sortant mes clefs, mon téléphone se met à vibrer donc je le sors lui aussi et décroche. C’est ma mère.
    « - Oui maman ? » Pas de réponse mais j’entends sa respiration. Je réfléchis quelques secondes et dit :
    « - Qu’y a-t-il, Enzo ?
    - Grande-sœur ! Tu me manques ! » Enzo est à l’école maternelle en dernière section et notre mère est maîtresse à son école, il a donc dû en profiter pour prendre son portable pendant le temps du déjeuner et m’appeler.
    « - Je sais. Toi aussi tu me manques Enzo, mais ça n’est pas une raison pour m’appeler entre midi et deux. Surtout que maman ne doit pas être au courant que tu lui as piqué son portable, je me trompe ?
    -Non, grande-sœur. » Je sens son petit sourire vraiment mignon s’installer sur son visage en me répondant. « Tu viendras me chercher che soir à la sortie de l’école s’il te plaît grande-sœur ?
    - C’est promis Enzo. Mais là, fais-moi le plaisir de rendre le portable à maman, d’accord ?
    - C’est d’accord ! A toute à l’heure grande-sœur, je t’adore !
    - Je t’adore aussi. » Je raccroche et range mon portable dans la poche alors que Mathis me regarde avec un petit sourire narquois. Je lui demande ce qui ne va pas avec lui en lui précisant que c’était mon petit frère qui venait d’appeler. Il n’avait entendu que la dernière phrase et ne savait pas que je parlais à Enzo. Il garde son sourire, prends son sac et commence à partir. Je le rattrape et passe mon bras droit autour de sa nuque :
    « - Haha ! T’as cru quoi, sincèrement ? Tu penses vraiment que je t’aurais trahie ? » Il me regarde en éclatant de rire et répond :
    « - Mais non, je sais que tu tiens trop à moi !
    - Et la modestie dans tout ça ? » Il continue de me regarder et tourne quelques secondes plus tard, la tête rapidement.
    « - Tu as dit quoi ? Modestie ? Je ne connais ! » Nous rigolons avant de nous arrêter et de nous fixer bêtement. Nous nous dirigions en classe de biologie. Une minute passe et il me dit :
    « - Tu... tu as...
    - Non... j’ai complètement oublié...
    - Mince... Tu crois que Clément a révisé lui ?
    - Clément... ? Heu... il y a des chances, oui ! » Il tourna son regard vers la classe de biologie et renchérit :
    « - Et bien alors... on va compter sur lui, hein ! » Nous rigolons encore une fois et atteignons la salle. Le professeur nous fait entrer et nous nous installons. Nous sortons une copie-double et Mathis et moi nous lançons un dernier regard qui se dirige tout de suite sur Clément, qui y comprit le message. Il soupire et ne se retient pas d’esquisser un sourire de côté. Le professeur nous donne la feuille avec les instructions et nous dit qu’il ramasserait d’ici trois quart d’heure. Nous commençons donc le contrôle, montre en main. C’est sur le chapitre trois qui traitait sur les volcans et les séismes. Sujet auquel je ne suis vraiment pas douée. Après une bonne quinzaine de minutes écoulées, je n’ai toujours rien écris sur la feuille mis à part mon nom, mon prénom et ma classe. Je commence à désespérer. Mais je raisonne : de toute manière, si je n’ai que douze de moyenne en sciences de la vie et de la terre, je peux toujours me rattraper grâce aux langues. Puis, Clément, assis à côté de moi, me tapote gentiment par son coude pour me faire comprendre que je peux voir ses réponses. Il est un vrai génie, il n’y a pas à en douter. En quinze minutes, il a terminé le contrôle et en plus de cela se rajoute sa moyenne de sciences de dix neuf virgule vingt-cinq. Par-contre, personne ne compte sur lui pour l’Anglais avec sa moyenne en dessous de dix... Mais pour ne pas perdre de temps, je jette un regard sur sa copie, en me méfiant du professeur. Mais il ne semble pas trop s’en faire pour ses élèves. Il est installé sur son bureau et lit le journal. J’en profite et reprends ses réponses avec mes mots. Une demi-heure plus tard, il ne me restait plus qu’une question, la seule que Clément avait refusé de me montrer la réponse. Et j’avais très bien compris pourquoi, je ne lui en veux pas. Le professeur ramasse les copies et nous dit de prendre notre agenda. Pourquoi donner des devoirs si l’heure passée était un contrôle ? Je n’ai jamais saisi sa logique mais note tout de même les exercices à faire. Je range mes affaires et en refermant mon cartable, je me retrouve avec le curseur resté dans mes doigts. Génial, comme si j’avais besoin d’avoir la fermeture de mon cartable cassée. Je sors de la classe avec le cartable dans mes bras et me dirige vers la classe de musique. Dans le couloir, je croise Laurent qui s'arrête devant moi en rigolant.
    «- Oui ?
    - On dirait que tu as un léger problème.» Il s'approche de moi et me fait poser mon sac parterre. Il regarde com-ment la fermeture est cassée et, je ne sais comment, il répare la fermeture. Je reste bouche-bée.
    «- Et voilà ! C'est réparé !
    - Mer... merci !
    - Avec plaisir.» Dit-il en souriant et il part en direction de la salle d'Art Plastique. Je le regarde partir et installe mon cartable sur l'une de mes épaules. J'arrive en cours et je m’asseye. Le professeur nous salue et nous fait passer de nouvelles paroles: Just the way you de Bruno Mars. Ça tombe vraiment bien. Julie et Amélie, deux amies de la classe, me l'ont faite apprendre l'année passée. Le professeur chante pour nous montrer la mélodie et il nous dit de chanter. Elle est assez complexe mais elle reste tout de même facile. Donc nous commençons à chanter. Nous arrivons juste avant le refrain et il ne reste plus qu'Amélie, Julie et moi qui chantons. Du coup, nous continuons de chanter à trois jusqu'à que le professeur nous arrête et nous expose son idée. Il voudrait que pour le spectacle de fin d'année du collège nous chantions toutes les trois cette chanson. Je ne sais pas pour mes amies, mais moi je rougis à cette idée. Chanter en trio devant tous les parents et les élèves...
    «- C'est donc d'accord pour toi Léa ?
    -Pardon ? Je ne vous ai pas écouté monsieur...
    - Est-ce que ça te va de chanter du premier couplet jusqu'à a fin du premier refrain ?»
    Je me sens rougir de plus belle. Chanter, et il ne me le demande qu'à moi. Il compte donc couper la chanson en trois solos. Mathis sourit et déclare:
    «- Bien sûr que ça lui va monsieur ! Léa adore chanter ! Et elle aime cette chanson !
    - Bien, merci Mathis. Donc Léa tu chanteras le début. Amélie, tu prends la suite ?
    - Oui monsieur !» Elle répond en criant tellement elle est contente de chanter en solo. Personnellement, je me sens mal à l'idée de chanter devant tant de monde. Encore maintenant, ça peut passer, nous avons à peu près trois mois pour nous préparer. Nous commençons à chanter à trois. A la fin de la chanson, la classe nous applaudit. Toutes les trois rougissons. Le professeur sourit puis demande à ce que toute la classe chante cette fois-ci.

         Le cours fini, nous sortons. Nous avons ensuite la deuxième heure de français. Le cours passe vite, après les figures de styles, c'était le tour de la poésie. A la récréation, je rejoins Émilie au casier. Elle est avec un groupe de filles: Élise, Alice, Julie, Pauline et Adèle. Élise est grande, fine aux cheveux courts et blonds, elle est toujours souriante mais niveau scolaire... Alice est plus petite que moi, a des cheveux marron très foncés et elle a son propre caractère, toujours naturelle, presque rien ne la blesse. Son petit défaut est le fait qu'elle tombe amoureuse d'un nouveau garçon tous les mois. Julie est toute petite mais toute mignonne et toute gentille. Elle a les cheveux courts, bruns et bouclés et elle est intelligente et amicale. Pauline fait la même taille qu’Émilie, donc juste un peu plus petite que moi, et a des longs cheveux châtain clair. Elle est assez froide à la première approche mais quand on apprend à la connaître, c'est une véritable amie. Quand à Adèle, elle est arrivée cette année au collège. Elle est un chouïa plus grande que moi et ses cheveux sont toujours tressés et d'un blond éclatant. Elle est gentille mais beaucoup trop timide. Elle manque de confiance en elle.
    Émilie me salue de la main en me voyant arriver et je lui souris en retour. Tout de suite elle me demande ce que j'ai, elle me connaît vraiment bien. Je lui narre donc ce qu'il s'est passé en cours de musique avec le projet du professeur pour le spectacle de fin d'année.
    «- Mais c'est super ! Tu vas pouvoir chanter !
    - Nous n'avons pas du tout la même vision des choses...» Et je me sens m’empourprer, encore une fois.
    «- C'est quoi ce spectacle de fin d'année ?» Nous demande Adèle. Alors je lui explique :
    «- Chaque fin d'année, le collège organise une journée durant laquelle les clubs préparent puis proposent des animations. Le club de musique, ou la chorale si tu préfères, prépare un concert. Nous avons de la chance, nous avons quasiment un groupe dans notre classe. Le club d'Arts Plastique organise une exposition, les clubs de sports proposent plusieurs animations; la première c'est une rencontre entre chaque club de sport, la deuxième ce sont plusieurs activités sportives et la dernière c'est un quiz sur les grands sportifs dans le monde. Et tous les clubs se réunissent à ce moment-là.
    - Il y a aussi d'autres activités, me reprend Émilie, telles que des jeux ou des tombolas ou même des stands de nourriture. Tu peux te retrouver à aider à la préparation de gâteaux, de grillades, etc. Et c'est toujours un superbe moment !
    - C'est une bonne idée !» Répond Adèle. Émilie et moi acquiesçons. Julie me demande quelle chanson je chanterai et je lui réponds. Elle ouvre grand la bouche.
    «- Ouah ! Quand même ! C'est en Anglais en plus !
    - Eh oui.
    - Et tu l'aimes biens cette chanson au moins ?
    - Pas autant que je t'aime !» Renchéris-je en me jetant sur elle et en lui faisant un câlin.
    «- Nyah ! Tu fais peur parfois Léa !» J'aime beaucoup la taquiner, elle est tellement mignonne.
    La cloche sonne. Émilie et moi quittons les filles et rejoignons nos classes. Elle a Anglais et moi Physique-Chimie. Je la laisse donc et rejoins ma classe.

         Le professeur nous fait entrer en nous saluant, ferme la porte et part s'installer à son bureau pour faire l'appel. Il demande des nouvelles de nos vacances avant de commencer le cours. Nous travaillons sur la loi d'Ohm et je dois avouer je ne n'y comprends rien. Le professeur nous explique que la tension est égale à la résistance multipliée par l'intensité. Sauf que moi je ne sais pas ce qu'est la résistance. Et je ne suis pas la seule...
    «- Bon, les filles, écoutez. La résistance, c'est ce qui permet de ralentir le passage d'un courant électrique.
    - Mais ça sert à quoi de ralentir le courant électrique monsieur ?» Je lui demande. Et il me regarde, sidéré.
    «-D'accord... tu n'as vraiment rien compris... La résistance permet l'effet Joule. Pour les radiateurs par exemple, c'est la résistance qui permet de chauffer. Pratique n'est-ce pas ? Et il y a aussi d'autres propriétés mais c'est bien trop compliqué pour vous. Pour le moment. Donc je continue, pour calculer la résistance, on fait le calcule R = U/I. C'est pas compliqué, il suffit juste d'apprendre.» Et il continue son cours ainsi de suite, en sortons du sujet parfois...

         La sonnerie retentit. Nous rangeons nos affaires et prenons nos carnets; nous avons fini les cours pour aujourd'hui ! Je sors du collège et rejoins l'arrêt de bus. J'attends quelques minutes que le bus arrive et monte ensuite dedans. Je m'installe à la troisième rangée en partant de l'avant du bus parce que c'est là qu'il y a le moins de bruit. Je sors mon portable, installe mes écouteurs et mets de la musique. Du jazz, Safari de Keiko Matsui. Au bout d'une dizaine de minutes le bus démarre. J'aime beaucoup les trajets de bus. Quand ils sont silencieux ! Ils me permettent de me détendre après une journée de cours.

         Le bus s'arrête. Je descends. Je me dirige tout droit vers l'école. Après tout, j'ai fait une promesse à mon petit frère adoré, je ne vais pas l'oublier. Je coupe la musique, range mon portable et arrive devant la grille de l'école maternelle. Je m'arrête. Les yeux écarquillés. Bouche-bée aussi. Sous le choc. L'école est brûlée. Entière-ment. Les murs sont plus sombres du côté de la cantine. L'incendie a dû prendre là-bas. J'entre en laissant tomber mes affaires et cours voir où sont tous les enfants et le personnel. Je me dirige vers la motricité. Exactement ça. Ils sont tous assis dans la salle, les adultes debout, entrain de faire le compte-rendu de l'incendie aux pompiers. Tout de suite je rejoins les enfants et cherche mon petit frère. Mais je ne le trouve pas. Je demande immédiatement à une maîtresse où il est, et ma mère aussi.
    «- Ils sont à l'hôpital.» J'en reste clouée sur place. A l'hôpital. Que s'est-il passé ? Est-ce qu'ils vont bien ? Enzo n'est pas blessé au moins ? Et maman alors ? L'hôpital. Mais la ville est à une vingtaine de kilomètres. Comment vais-je pouvoir m'y rendre ? Je pars en courant à toute allure et je récupère mes affaires sur le chemin. Je conti-nue de courir. Tant pis si je fatigue, je dois rejoindre l'hôpital. Je veux m'assurer qu'il ne leur est rien arrivé. Je ne me rappelle même pas si la maîtresse m'a dit quelque chose d'autre. Dès qu'elle a prononcé le mot hôpital, j'ai perdu toute connexion avec le monde. Je ne pense qu'à eux. Qu'à mon petit frère qui n'a que cinq ans. Il est petit et fragile. Il a un sourire d'ange même si parfois il ressemble plus à un petit démon. Quand je lui raconte des histoires parfois le soir avant de le coucher, il me regarde d'un air tellement mignon. J'adore cuisiner pour lui. Son plat préféré est les pâtes aux lardons. Il en raffole. Quand je lui en fais, il est tout excité à l'idée de manger son plat préféré cuisiné par sa deuxième grande sœur. Et il adore aussi quand je l'accompagne à l'école le samedi matin. Ou quand je lui apprends à dessiner ou à jouer du piano ou encore à parler Anglais. Je ne veux pas qu'il soit blessé ! Et ma mère. Je l'aime trop. Même si parfois elle me fait la morale car j'ai pris toute l'eau chaude, ou que je suis restée plus de deux heures d'affilées dans la salle de bain. Ou même quand je ramène un dix sur vingt. Je me souviens quand j'étais petite qu'elle me prenait avec elle pour aller promener notre défunt chien au parc. Je courais aux côtés du chien et ma mère me criait de faire attention et que si je tombais, elle ne serait pas la responsable. Et que le désinfectant me ferait pleurer car il pique quand on le met sur une plaie. Et elle adore aussi quand je cuisine, pour la remplacer quand elle est fatiguée ou juste pour lui faire plaisir. J'ai peur tout d'un coup. Je m'arrête de courir. Je ne suis qu'à un kilomètre du village voisin au mien. Je commence à avoir froid. Je me mets à trembler. J'ai peur. Peur d'apprendre qu'un des deux ou même les deux soient blessés. Ou pire. Non, je ne dois pas penser à cela. Ça porte malheur. Je recommence à courir.

         Arrivée au village voisin, je m'arrête une minute. Pendant que je reprends mon souffle, quelqu'un m'in-terpelle:
    «- Léa, que fais-tu ici ?» Je me retourne. Mathis se tient debout, étonné de me voir là.
    «- Bon, j'ai l'habitude que tu viennes ici. Petite, tu adorais t'enfuir et courir jusqu'ici pour venir me voir. Mais ça fait longtemps que tu ne l'as pas fait. Qu'y a-t-il ? Tu n'as pas l'air bien...»
    J'accoure jusqu'à lui. Il me prend dans ses bras sans rien dire. Je commence à pleurer et à trembler. Il me dit de me calmer et de tout lui expliquer. Je lui raconte donc l'accident de l'école. Il me regarde hébété.
    «-Tu sais quoi ? » Je lève la tête pour le regarder. « Viens avec moi, on va demander à mon frère de nous amener à l'hôpital.
    - Mer... merci...» Nous partons jusqu'à sa maison. Arrivés, il part demander à son frère s'il peut nous amener à l'hôpital. Son frère sort ses clefs de sa poche, ferme la porte de la maison et nous dit de monter dans la voiture. Nous montons donc et nous mettons en route. Le trajet paraît long et insupportable. Il ne faut seulement qu'un quart d'heure pour arriver à l'hôpital, mais les secondes semblent s'écouler comme des heures. Puis nous arrivons dans la ville. Son frère arrête la voiture, baisse la fenêtre de devant, sort sa carte bancaire et paye le parking de l'hôpital. Il nous dépose devant l'entrée et nous dit d'y aller, lui il va garer la voiture. Nous descendons et entrons dans l'hôpital. Nous nous dirigeons jusqu'au guichet d'accueil des urgences. La dame nous demande qui nous cherchons ou venons voir. Je n'arrive pas à prononcer un mot. Mathis parle donc pour moi. La dame regarde le registre quelques secondes puis nous indique la chambre 204. Nous partons pour atteindre la chambre indiquée. Devant la porte, Mathis pose sa main sur l'épaule.
    «- Je suis là pour toi, tu sais.» Je le remercie sans mot. Je pose ensuite ma main sur la poignet de la porte et l'abaisse.
    J'entre.


  • Commentaires

    1
    Mercredi 7 Mai 2014 à 15:40

    Franchement j'adore l'histoire et j'adore ta façons d'écrire . Je t'avais promis un pavet mais à part ça ben ... j'ai pas de critique à faire c'est juste S.U.P.E.R

    2
    Mercredi 7 Mai 2014 à 17:03

    Oooh, c'est gentil, merci beaucoup ! :)

    3
    Mercredi 7 Mai 2014 à 17:11

    De rien c'est juste la vérité ^^

    4
    Jeudi 5 Juin 2014 à 22:52

    j'adoore tu est vraiment douée ! 

    5
    Vendredi 6 Juin 2014 à 19:09

    Merci beaucoup >///<

    6
    Lundi 23 Juin 2014 à 17:47

    Tu n'as jamais voulu écrire un livre?

    7
    Lundi 23 Juin 2014 à 21:28

    Eh bien quand j'étais petite (7/8 ans), je voulais devenir écrivaine mais j'ai changé d'avis ^^ pourquoi ça ?

    8
    Mardi 24 Juin 2014 à 21:08

    Car tu écris bien! En ce moment j'ai entamé l'écriture d'un bouquin mais bon pour l’instant il ne fait que 60 pages...

     

    9
    Mardi 24 Juin 2014 à 22:35

    Merci >.<

    C'est déjà bien !

    Mon histoire ne fait que 54 pages, c'est tout dire ^^ Il ne faut pas abandonner ! :)



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